Face à la dynamique du crédit immobilier, les autorités restent vigilantes

Le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) maintient un niveau de vigilance renforcée au sujet du marché des prêts à l’habitat

Une surveillance accrue

Le taux de croissance annuel des crédits aux particuliers était à 6,1 % au mois de juillet. Cette accélération a été soutenue par celle des crédits immobiliers. Les autorités Françaises restent donc sur leurs gardes, considérant que l’évolution du marché des prêts à l’habitat justifie une « vigilance renforcée ». En effet, l’instance rattachée au ministère de l’Économie et des Finances, en charge du suivi de la robustesse du système financier, se dit prête à agir dans les prochains mois.

La « tarification des crédits immobiliers », qui met les marges des banques sous pression est particulièrement surveillée par le Haut Conseil. Effectivement, le coût des prêts reste historiquement bas, avec un taux de 1,43 % en moyenne en juillet. Ces taux bas s’expliquent en partie par la politique anti-crise de la Banque centrale européenne (BCE), qui s’emploie à les tirer à la baisse. Aussi, le crédit à l’habitat est un produit d’appel permettant de capter des clients à long terme pour les établissements prêteurs, ce qui maintient les taux bas, en raison de la guerre des prix qu’ils se livrent.

Des risques contenus pour les banques et les ménages

La hausse des prix de l’immobilier, particulièrement marquée dans certaines régions, entraine les établissements à accorder des prêts à plus long terme pour aider les ménages à réaliser leur projet d’achat d’un logement. Le HCSF est donc soucieux des conditions d’octroi des crédits à l’habitat par les banques. Il veille à ce que les ménages restent bien solvables et que les banques ne prennent pas trop de risques. Pour le Haut Conseil, « le niveau des risques pour les ménages et les établissements de crédit reste contenu » pour le moment.

En effet, il existe de solides garde-fous pour les emprunteurs, car la plupart des crédits immobiliers sont accordés à taux fixe, afin de limiter les risques liés au renchérissement des crédits en cas de remontée des taux. Les banques sont quant à elles protégées contre les défauts d’emprunteurs par un système de caution, et selon le HCSF, la rentabilité globale des opérations de financement est rassurante.

Un Haut Conseil actif

En quelques mois, le Haut Conseil a déjà entamé plusieurs actions face à la dynamique du crédit. Fin 2017, il a plafonné les expositions (montant du prêteur exposé au risque de défaut de l’emprunteur) des grandes banques aux grandes entreprises les plus endettées.

En juin dernier, il a également exigé des établissements bancaires qu’ils mettent plus de capital en face de l’ensemble de leurs expositions. Ces mesures doivent garantir que les banques seront bien solides et toujours prêtes à prêter, si un jour les conditions économiques sont moins favorables.

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